La politique énergétique

Le nucléaire en Belgique

mis à jour le 03/08/2017

La gestion du nucléaire en Belgique est un must d’incohérences et de décisions clownesques.

Les faits

  • 2003. Le parlement belge décide de la fermeture progressive de toutes les centrales nucléaires après 40 ans de fonctionnement. Mais il ne met rien en place pour compenser cette fermeture. Ce qui devait arriver arriva. Au fur et à mesure que l’échéance s’approche, les politiciens en place commencent à s’inquiéter du risque de pénurie électrique. Les centrales nucléaires : prolongera, prolongera pas ? La saga s’emballe.
  • En 2009, le gouvernement sous l’impulsion de Paul Magnette conclu un accord avec GDF Suez sur la prolongation des 3 plus vieux réacteurs Doel 1, Doel 2 et Tihange 1 pour 10 ans.
  • En 2012, changement de direction, le gouvernement de l’époque décide la fermeture des réacteurs Doel 1 et 2 en avril 2015 et maintien la prolongation de la centrale Tihange 1 jusqu’en 2025.
  • Fin 2014, changement de direction, il ne ferme plus Doel 1 et Doel 2.

Commentaires

Prolonger la vie d’un réacteur nucléaire se décide dans un bureau douillet. Mais, continuer à le faire tourner en toute sécurité, nécessite des travaux de remise à niveau longs de plusieurs années, qui ne s’improvisent pas sur un coin de table et qui coûtent des centaines de millions. L’amateurisme de nos hommes politiques au pouvoir en la matière est affligeant. Je vous passe toutes les péripéties : les pannes, les sabotages, les cuves fissurées un peu, beaucoup, on ne sait pas, les tractations avec Electrabel sur une rente nucléaire de 250, puis 100, puis 20 millions.Quant à la sécurité d’approvisionnement et la sécurité tout court, nous verrons bien. Nos voisins, eux, les Allemands, les Hollandais s’inquiètent…De temps en temps, peut-être pour des raisons de stratégie de communication politique quand il faut faire passer une loi un peu discutable, le gouvernement nous annonce un possible black out ou délestage. Et il nous distribue des pastilles d’iode. Cela résume assez bien notre politique énergétique. Consternant.

Vincent Reuter écrivait en 2012 : « la caractéristique de la politique énergétique belge, c’est qu’il n’y a pas de politique énergétique belge[1] ». Depuis la situation a empiré.

[1] Dynamisme, périodique de l’UWE N° 242 de mars-avril 2012

Le photovoltaïque, l’amateurisme dans toute sa splendeur

Les faits

En 2007, le ministre Antoine lance le plan Solwatt en vue de soutenir le photovoltaïque en Wallonie. Le plan est complètement foireux pour les finances publiques notamment au travers du mécanisme des certificats verts beaucoup trop favorables à ceux qui placent des panneaux photovoltaïques. Le ministre a été prévenu notamment par Laurent Minguet, spécialiste de la question.  Mais, il sent que c’est porteur électoralement, donc il fonce.  Très vite, les citoyens les plus à l’affût de bonnes affaires comprennent qu’il s’agit d’une véritable aubaine financière. Ils investissent en masse et reçoivent des subventions et des certificats verts plantureux dont la valeur est garantie. C’est l’emballement. Après un an du plan Solwatt, le nombre de panneaux photovoltaïques installés est le double ce que le plan avait prévu. L’emballement est complet. Par manque de suivi, les autorités réagissent très tardivement. Fin 2011, enfin,  le gouvernement wallon prend des mesures mais trop tard. Résultat de l’opération: un dérapage  budgétaire de minimum 3.5 milliards jusqu’en 2025. Qui va payer ?

Le gouvernement reporte la dette sur Elia,  le transporteur d’électricité. Qui, lui –même, va le reporter sur qui ? Sur les consommateurs d’électricité, bien entendu,  y compris ceux qui n’ont pas bénéficié de panneaux photovoltaïques. Sur nos factures, le coût du transport de l’électricité (Elia)  est passé de 1.18 € par MWh en janvier 2012 à 13.82 € [1]au premier janvier 2013 ?

Commentaires

L’idée de soutenir le photovoltaïque était sans doute une bonne idée. Mais comme souvent, quel gâchis dans la réalisation: mauvaises prévisions, plan financier erroné, pas assez de suivi, peu d’anticipation. Bref  un amateurisme affligeant de nos autorités.  Quant aux solutions mises en oeuvre, quelle inéquité. On fait payer à tous le monde  des avantages substantiels qu’on a accordé aux plus favorisés.

On pourrait au moins espérer que ceux qui ont été les acteurs de ce désastre financier soient écartés définitivement de la gestion publique. En tête, l’inventeur de l’opération, André Antoine. Pensez vous? Il a obtenu un autre poste ministériel dès 2009 et puis la présidence du parlement wallon. Quant à Jean Marc Nollet, il est devenu chef de groupe écolo à la chambre. Donc un des personnages le plus en vue d’Ecolo.

Y avait il moyen de faire mieux ? Sans aucun doute. La preuve? Des expériences en Allemagne et en Hollande permettent à des quartiers entiers d’être non seulement auto suffisants en énergie mais aussi d’être rentables. Nous y reviendrons dans quelques temps.

[1] Augmentation des tarifs Elia : le prix caché du renouvelable. UWE 11/12/2012