Un manque de vision à long terme

Gouverner, c’est prévoir. Nos gouvernants disposent de quantité de personnes ressources : experts,  professeurs d’université, consultants … avec tous les moyens d’études associés (enquêtes, modèles économétriques…) permettant de simuler les conséquences de chaque mesure envisagée … Dans ces conditions on s’attendrait à ce qu’ils prennent des mesures  aujourd’hui pour anticiper un problème demain, qu’ils en évaluent les conséquences en continu, qu’ils adaptent  les  politiques en fonction des nouveaux éléments …une simple saine gestion quoi !!

Pensez-vous !! Les mesures prises sont souvent tardives, parcellaires, procédurières donc inefficaces, rarement évaluées, peu screenées donc peu suivies, …..

Anticiper…. Vous n’y pensez tout de même pas ! Ainsi donc un ministre prendrait une décision et c’est son successeur qui en recevrait les lauriers ! Impensable, mon bon monsieur.

Si en plus, la décision qu’il faut prendre est impopulaire alors, plutôt mourir sur place. On attendra que l’Europe nous l’impose. Comme ça, on pourra dire que c’est sa faute, qu’on est absolument opposé à la mesure mais qu’on doit obéir. Il est suicidaire pour un ministre de prendre une décision impopulaire même si elle est juste et nécessaire. En effet, l’électeur sanctionnera et c’est son successeur qui empochera les retombées positives de la mesure. Pourtant, il est souvent impossible de mener une politique efficace si elle ne vise pas le long terme.

  • Le photovoltaïque est un dossier emblématique du manque de vision à long termes de nos politiques. (Voir développement dans la rubrique: « des décisions ahurissantes »)
  • Même le manque d’écoles n’a pas été anticipé. Y a-t-il quelque chose de plus facile à prévoir que le nombre d’enfants arrivant à l’âge scolaire ? Je vous laisse juger. Eh bien, les ministres eux n’ont rien vu venir ou plutôt, ont laissé le problème pour le suivant. Et le suivant a fait de même, etc…Résultat : « 40 000 élèves qui vont entrer à l’école dans un avenir proche (40 000, quand même !) Et on n’a rien vu venir, rien n’est prêt (malgré des promesses fallacieuses). [1]» 10.000 rien que dans l’enseignement de la FWB suivent leur cours dans des containers (chiffres 2013).
  • L’éolien et la gestion des centres ville qui se désertent, sont des monuments de gestion à courte vue.
  • Etc…

[1] Dans la jungle des classes, Opinion de JF Nandrin, criminolgue et enseignant, La libre.be 21 mai 2013